22 mars 2016 : compte-rendu de notre "Journée des Possibles"

22 mars 2016 : compte-rendu de notre "Journée des Possibles"

25 mars 2016

Ce mardi 22 mars 2016 avait lieu la « journée des possibles » au Palais des Congrès de Namur. Cette journée, organisée par Solidarité Mondiale et le CIEP, était l’occasion de débattre et découvrir de nouveaux outils pour relancer la campagne « Protection sociale pour tous » lancée en mars 2015. Objectif de la journée ? Faire le point sur la campagne de 2015 et amener des pistes de réflexion innovantes pour redonner du souffle à notre lutte pour une « protection sociale pour tous ». Retour sur une journée haute en couleurs et riche en débats.

En 2016, le mouvement d’éducation permanente CIEP du MOC rejoint Solidarité Mondiale et une vingtaine d’organisations déjà lancées en 2015 dans la défense de ce droit essentiel. Objectif : sensibiliser et mobiliser les citoyens en Wallonie et à Bruxelles. Une campagne plus que jamais d’actualité à l’heure où les débats font rage autour des pensions, du budget de la sécurité sociale, de l’accueil des réfugiés, du traité transatlantique,… La Journée des Possibles était l’occasion de débattre et de découvrir des nouveaux outils pour mobiliser les publics des organisations de Tournai à Arlon, en passant par Verviers et Charleroi.

C’est dans un climat tendu qu’a débuté notre tant attendue « journée des Possibles ». Les nouvelles du chaos provoqué par les attentats de Bruxelles arrivaient au compte goutte. Malgré les circonstances, c’est dans une salle pleine à craquer que Claire Terlinden, coordinatrice du Service Nord à Solidarité Mondiale, lance le bal avec son mot d’accueil. Retour sur l’année 2015, « une année noire au niveau social, économique, politique et sécuritaire », et sur les revendications du mouvement pour inverser la tendance : la protection sociale est non seulement un droit, mais aussi un pilier nécessaire pour un développement juste et durable. Chacun a droit à une protection sociale qui assure une couverture des soins de santé et un revenu décent. Depuis avril 2015, un travail important de sensibilisation et de mobilisation est mené tant à Bruxelles que dans toute la Wallonie, à travers des expériences de terrains, des rencontres avec les pays partenaires, des débats, … Cette année, nous voulons aller encore plus loin et avoir plus d’impact, grâce aux méthodes de l’éducation permanente.

Briser les stéréotypes

Avant de définir les nouvelles pistes d’action, les participants ont été invités à faire face aux idées reçues. Au programme de la matinée, des ateliers de débats et réflexions afin d’apprendre à argumenter pour déconstruire ces fausses idées. Des migrations au TTIP et revenu universel, en passant par de nouvelles alternatives au Brésil ou au Mali, de nombreux thèmes d’actualité influençant les réflexions sur la protection sociale ont été discutés. Fructueux donc puisque, ensemble, les participants ont construit des questions pour le débat en plénière à partir de leurs réflexions.

C’est accompagné du coup de crayon avisé de Yakana, caricaturiste qui a suivi la journée des possibles, que Bart Verstraeten a distribué la parole entre les « Décodeurs » du jour : Seydou Ouattara, responsable de mutuelles de santé au Mali, Nicolas Van Nuffel du CNCD, Valérie Notelaers (Mutualité Chrétienne Verviers) et André Kiekens, secrétaire général de Wereld Solidariteit/Solidarité Mondiale. On retiendra que pour mettre en place une « Protection sociale pour tous », les mouvements sociaux doivent travailler ensemble. Pour ce faire, « la synergie est la clé ! Pour renforcer la dynamique, des plateformes multi-acteurs, mais aussi des plateformes spécialisées, sont mises en place pour que les acteurs se rencontrent  », explique André Kiekens. Elles permettent d’échanger les idées. Par exemple, en Belgique nous connaissons le système des mutuelles, un système de solidarité. Notre connaissance nous permet d’aider les pays du Sud à s’en inspirer pour mettre leur protection sociale en place. Mais pour cela, «  la confiance de la population locale est primordiale. Il est donc nécessaire de passer par des mécanismes d’éducation, de sensibilisation et vulgarisation », souligne Valérie Notelaers. Ici encore, elle souligne l’importance des acteurs sociaux. Nicolas Van Nuffel rajoute que « chaque pays doit définir comment mettre en place la protection sociale ». C’est sans compter sur les méchants TTIP et CETA qui viennent mettre des bâtons dans les roues de notre sécurité sociale. Mais là-dessus Nicolas Van Nuffel se veut positif et encourageant ! Selon lui, «  on peut gagner sur le TTIP ! Informer, mobiliser et convaincre  » sont les maîtres mots de cette bataille. « Ce sont des traités Dracula, si on les met sous la lumière, ils disparaissent. C’est le rôle de l’éducation permanente. »

Se remettre en mouvement !

C’est dans une atmosphère plus active et ludique que se déroule la deuxième partie de la journée. Echanges d’ idées d’action à mener, chant, témoignages, découverte de la mallette pédagogique, ou encore des saynètes improvisées pour déconstruire les stéréotypes de la protection sociale permettent la mise en pratique les moyens d’action et de mobilisation.

Cette journée aurait dû se terminer sur une action concrète, un flash mob sur la place de l’Ange ! À défaut d’avoir envahi les rues de Namur, au vu des circonstances, l’atelier chant a décidé de mettre l’ambiance dans l’assemblée. « Y’a basta » et « Do you hear the people sing ? » émeuvent l’assemblée, avant que Christian Kunsh, président du MOC, ne prenne la parole pour clôturer en beauté la « journée des possibles ». Une pensée pour les victimes des attentats : « Lutter pour la paix ne va pas sans le développement économique et social et le respect des droits humains. Injustices et inégalités doivent cesser » La « Journée des Possibles » a voulu montrer qu’en dépit du climat morose des derniers mois qui incite au pessimisme, des solutions sont possibles, avec de la volonté politique. La collaboration entre Solidarité Mondiale, le CIEP et toutes les organisations du MOC est donc primordiale dans cette campagne pour «  gagner la bataille de l’opinion publique  ». Après 1,5 de mesures douloureuses en Belgique (recul de l’âge de la pension, restictions sur le budget des soins de santé, diminutions d’allocations pour les temps partiels forcés, suppression des allocations d’insertion pour les jeunes,…), c’est un défi majeur pour pouvoir renverser la tendance.

Malgré les événements tragiques qui ont eu lieu ce jour-là, le Mouvement a donc réussi son objectif de la journée, être un mouvement et réfléchir ensemble à de nouvelles pistes d’action pour une relance réussie au sein du mouvement !

Laura Plumet, stagiaire

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