Audition sur la protection sociale à la Commission des relations extérieures

Audition sur la protection sociale à la Commission des relations extérieures

16 mars 2016

Mardi 8 mars 2016, la Commission des relations extérieures se réunissait à la Chambre Fédérale. À l’ordre du jour : audition de représentants des institutions belges et européennes ainsi que de représentants de la société civile sur la proposition de résolution visant à intégrer et à ancrer le droit à la protection sociale dans la politique belge de coopération au développement, introduite par la Parlementaire Els Van Hoof (CD&V). Un moment important pour la campagne ‘Protection sociale pour tous’, étant donné que l’intégration de la protection sociale dans la politique de coopération est un de nos objectifs.

De cette journée, on peut retenir quelques points forts. Premièrement, la représentante de l’OIT Valérie Schmitt a souligné l’opportunité du renforcement de la protection sociale dans la politique de coopération au développement belge. La position de l’OIT s’inscrit parfaitement en ligne avec une approche basée sur les droits humains, avec l’importance de la protection sociale pour la réalisation des Objectifs de développement durable et avec l’engagement de la Belgique pour lutter contre la pauvreté de façon structurelle. C’est sur ces mêmes principes que se base le Programme phare de l’OIT pour la mise en place de socles de protection sociale. Valérie Schmitt a également mentionné la mise en place d’un Fonds des Nations Unies ainsi qu’un Réseau mondial d’entreprises, deux initiatives en appui à ce programme phare de l’OIT qui pourraient être soutenues par la Belgique.

Audition au Parlement - 8 mars 2016L’après-midi, des représentants des mutuelles, des syndicats, de l’Institut de médecine tropicale et des ONG ont souligné le potentiel de la protection sociale. Bogdan Vandenberghe, secrétaire général de 11.11.11, Alain Coheur et Luc Cortebeek s’accordent à dire que la crise ne peut être une excuse ! Effectivement, « dans les pays avec une forte protection sociale, la crise a été moins dure à traverser  », a souligné ce dernier. On n’a jamais attendu que la situation économique soit optimale pour mettre en place un système de protection sociale. C’est en effet dans une Europe exsangue au sortir de la guerre qu’ont été jetées les bases de nos systèmes de protection sociale. Werner Soors de l’IMT a quant à lui insisté sur la capacité transformative de la protection sociale.

Le problème qui persiste dans ces pays plus fragiles, est l’instabilité politique : « Les Politiques changent très souvent, il n’existe donc pas de vision à long terme. C’est pour cette raison que les mouvements sociaux (mutuelles, ONG, syndicats…) sont très importants pour assurer un suivi », explique Luc Cortebeek.

Alain Coheur va plus loin, « imaginez-vous dans un système africain où la solidarité n’existe pas. Les personnes sont dans l’incapacité de payer les soins de santé et le pays bascule donc dans la pauvreté ». De plus, «  la protection sociale entraine une redistribution des richesses. Cela prévient en réalité d’une situation de pauvreté », ajoute Bogdan Vandenberghe. On comprend donc que c’est un engrenage puisque « plus un pays a besoin de protection sociale, moins il a les capacités de la mettre en œuvre  ». Il est donc nécessaire d’assurer au départ une aide extérieure pour développer le système pour tous. Et la mise en place de ces systèmes prend du temps, on ne peut donc exiger du résultat à court terme, mais se donner des perspectives sur le long terme !

Dossier politique de campagne

La Belgique est le seul pays au monde où l’affiliation à la mutuelle est obligatoire, elle bénéficie donc d’une bonne expérience dans la gestion de l’assurance maladie.Son expertise est reconnue et est donc à valoriser en termes de politiques de coopération.

Enfin, certaines interventions des orateurs et des parlementaires ont mentionné l’importance de la cohérence des politiques pour le développement et la nécessité d’adapter la politique commerciale de l’UE et de la Belgique aux objectifs de développement durable, notamment au droit à la protection sociale pour tous.

Tous les acteurs auditionnés s’accordent finalement sur une chose : l’importance de soutenir la protection sociale. Aucun doute donc que majorité et opposition mettent tous les efforts nécessaires pour promouvoir via cette résolution l’intégration de la protection sociale dans la politique belge de coopération.

Un article de Laura Plumet (stagiaire) et Nathalie Janne d’Otrée (CNCD)

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