Brésil : quand mobilité rime plus que jamais avec solidarité

27 janvier 2016

Incontesté pour son football, et connu aussi pour ses nombreux contrastes, le Brésil n’est guère à la pointe pour la personne handicapée.

En effet, nos rencontres avec des travailleurs des secteurs de la pêche, des oranges et de l’agriculture, nous montrent malheureusement la vie très précaire de certaines catégories de travailleurs et travailleuses, et encore plus s’ils sont handicapés ou malades.

Organisé dans le cadre de la campagne 2015, ce voyage d’immersion au Brésil était l’occasion de vivre une expérience unique. Ma participation à cette mission sociale représente également mon inclusion et mon intégration, en tant que personne à mobilité réduite, dans cette formidable aventure.

Malgré la barrière linguistique, la solidarité du groupe ainsi que le dévouement de nos hôtes (accompagnateurs, traducteurs, et toutes les personnes rencontrées), me permettent de prendre part activement et dans une très bonne ambiance à la majorité des activités. Avec un minimum de bonne volonté de chacun, les difficultés tant au niveau de l’accessibilité que de la mobilité sont rapidement levées.

Pourtant, ici la personne handicapée est, dans la vie quotidienne, totalement évitée voire exclue.
Le premier exemple est celui des transports et de la mobilité. En effet, même si des autocollants sont apposés sur les véhicules (minibus, autocars,…), ils ne sont pas conçus ni adaptés aux personnes en chaise roulante ou aux personnes à mobilité réduite tout simplement. Les autres infrastructures, telles les toilettes dans les restaurants, aéroports et aires d’autoroutes sont quant à elles mieux adaptées.

Dans certains autres domaines, des réglementations existent, plus ou moins appliquées. Dans l’enseignement, la loi prévoit l’accompagnement pour les sourds et muets par un traducteur en langue des signes. Malheureusement, en pratique, c’est totalement différent : la loi est contournée dans de nombreux cas. Par ailleurs, même si dans la formation des éducateurs, des cours sont prévus sur la langue des signes et la personne handicapée, ils ne sont généralement pas engagés spécifiquement pour cet aspect de leurs compétences.

Dans le domaine professionnel, la mise au travail est favorisée par l’aménagement du poste de travail. Par contre, les employeurs prétextent la perte de temps qu’engendre la présence de personnes handicapées pour l’entreprise.

Selon la loi, un quota de 15 % de personnes déficientes doit être respecté dans chaque entreprise mais une fois encore la pratique est totalement différente. Et dans ce cas-là, une amende doit être payée.

Enfin, au Brésil il n’existe pas d’AVIQ (Agence pour la vie de qualité – qui remplace l’AWIPH depuis le 1er janvier 2016 et la régionalisation des compétences). Les personnes handicapées restent isolées dans leurs familles car il n’existe pas d’institutions d’accueil et d’hébergement. Par ailleurs, les personnes handicapées sont pensionnées dès l’âge de 16 ans car il n’y a pas de revenus d’intégration ou de remplacement : ces personnes passent donc directement à la case « pension ».

La richesse des rencontres et des expériences vécues ainsi la prise de conscience des réalités du Sud en ce qui concerne la personne handicapée me donnent envie de poursuivre ce voyage à mon retour pour améliorer l’inclusion de tous partout !

Un article rédigé par Véronique Derbeque, ALTEO Hainaut Oriental