Centenaire de l'OIT : La convention 190 est adoptée !

Centenaire de l’OIT : La convention 190 est adoptée !

19 juin 2019

Pour son centenaire, l’OIT frappe un grand coup : la Convention 190 sur la violence au travail est adoptée !

Santiago Fischer, le 18 juin 2019.

La commission normative de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) a adopté le lundi 17 juin 2019 la Convention 190 visant à éradiquer la violence et le harcèlement dans le monde du travail. Véritable fléau touchant le monde entier et tous les types de travailleur.euse.s, cet instrument contraignant devra désormais encore être ratifié par les États membres de l’organisation.

En 2018, l’Organisation Internationale du Travail (OIT), alertée depuis des années par les conséquences catastrophiques de la violence et du harcèlement dans le monde du travail, lançait un processus normatif visant à élaborer une norme internationale contraignante pour lutter contre ce fléau inacceptable. Après deux sessions de travail intenses organisées lors de la Conférence Internationale du Travail de juin 2018 et 2019, les travaux viennent d’aboutir ce lundi 17 juin, sous les applaudissements des 500 personnes composant la commission normative, éreintées par deux semaines de labeur les ayant conduits parfois jusqu’aux heures les plus tardives.

8 ans après l’adoption de la dernière Convention visant à protéger les travailleur.euse.s domestiques, l’OIT tient donc sa toute nouvelle réglementation, qui constitue la preuve que cette instance multilatérale parvient encore à engranger des succès, malgré les turbulences géopolitiques et les antagonismes politiques qui secouent notre planète. Cette adoption constitue aussi une victoire du dialogue social, l’OIT étant une institution qui rassemble travailleur.euse.s, employeurs et États, dans un esprit permanent de recherche du consensus.

Les syndicats et la société civile du monde entier se sont mobilisés pendant plus de deux ans afin que cette norme voit le jour. " C’est magnifique, nous avons mené une campagne intense de sensibilisation et de plaidoyer pour convaincre que nous avions besoin de cette Convention, et désormais, c’est devenu réalité ", a réagi Patricia Jimenez, du syndicat dominicain CASC. Pour Ema Liliefna (syndicat KSBSI, Indonésie), proche de l’équipe négociatrice menée par la canadienne Marie Clark Walker (syndicat CLC), "les travailleur.euse.s pourront désormais être protégé.e.s contre tous les types de violence qu’ils peuvent rencontrer et cela dans l’ensemble des lieux où ils effectuent leurs tâches, qu’ils travaillent dans le secteur formel ou informel, comme c’est le cas de la grande majorité des travailleur.euse.s en Asie, Amérique latine et Afrique".

Après avoir bouclé les négociations autour de la Convention, la commission normative doit encore négocier le texte de la Recommandation, instrument non-contraignant complémentaire visant à donner des orientations pratiques aux États pour les aider à mettre en application la Convention. Mais la climat très positif qui entoure désormais les discussions va assurément permettre d’aboutir rapidement !

L’assemblée plénière de l’OIT devra encore adopter formellement ces deux instruments lors de la session de clôture de cette 108ème Conférence du Travail du vendredi 21 juin 2019. Ce sera ensuite aux États de jouer ! Ils seront invités à ratifier la norme. Rappelons que toute Convention a obligation d’être ratifiée par les 187 États membres de l’organisation, qui doivent ensuite la traduire en loi et réglementation nationale.

Sur la même thématique