La JOC Brésil : produire pour survivre

1er février 2016


C’est dans une favela près de João Pessão que les jeunes de la JOC nous ont accueillis le vendredi 22 janvier. Ce lieu, ils l’appellent la « communauté de Ximino ». C’est là qu’un groupe de base nous a ouvert les portes d’une maison qui leur est prêtée afin de fabriquer des produits ménagers. Né dans la perceptive d’avoir un travail décent, ces jeunes, en partenariat avec une ONG, fabriquent environs 500 litres de produit ménagers par mois : eau de javel, produit vaisselle, adoucissant, désinfectant. Dans la communauté, il y a beaucoup de femmes qui travaillent comme femmes de ménage, c’est pour cela que l’idée des produits d’entretien leur semble être la meilleure. Après avoir suivi une formation sur l’économie solidaire et sur les moyens de production possibles pour fabriquer les produits, ils se sont lancés.

Depuis 2006, la communauté de Ximino voit passer la brouette de produits d’entretien que les jeunes livrent à domicile. Ils ont également des dépôts de vente dans les commerces locaux. Ils ne peuvent s’exporter plus loin que leur communauté. Premièrement pour l’aspect financier que demande l’officialisation de leur production. Deuxièmement, surtout parce que cela implique qu’ils soient une entreprise ou une coopérative, ce qui impose d’avoir un président, un trésorier, un secrétaire. Or, ils veulent que tous les jeunes soit égaux et sans patronat.

C’est la quatrième génération de jeunes qui produit en 10 ans. Si le turn-over est si grand, c’est parce que leurs recettes sont maigres et que les jeunes finissent par devoir trouver un emploi mieux rémunéré. L’argent qu’ils gagnent ne leur sert que pour les transports qu’ils prennent pour venir jusqu’à la maison communautaire et de temps à autre pour aller manger tous ensemble. Pour essayer de redynamiser leur petite entreprise, ils sont en train de réaliser une étude afin de mieux cerner les besoins de la communauté, en termes de produits ménagers.

C’est donc avec la tête pleine d’espoir et d’idées de nouveaux projets que nous quittons le groupe, après une riche discussion sur « limpo », leur marque de produit, créée pour rêver à un monde meilleur.