Les femmes se mobilisent au Cambodge pour plus d'égalité salariale

Les femmes se mobilisent au Cambodge pour plus d’égalité salariale

10 janvier 2017

En novembre dernier, trois collègues experts de Solidarité Mondiale se sont rendu au Cambodge dans le cadre d’une mission de développement stratégique autour des droits à la protection sociale, coordonnée par nos partenaires asiatiques. Dans le cadre de leurs visites de terrain, ils ont rencontré 5 femmes travailleuses du secteur de la construction. Récemment affiliées à un syndicat BWTUC, elles veulent dénoncer les injustices de travail dont elles sont victimes. Voici l’histoire de Yoern, Rathana et ses amies. Soutenons-les.

Cette rencontre a eu lieu à la fin d’une longue journée de travail sur le chantier d’un gratte-ciel en construction à Phnom Penh, la capitale. La croissance économique miracle en Asie du Sud-Est entraîne la multiplication de ces projets immobiliers qui, bien qu’ils génèrent de l’emploi pour les cambodgiens, ne respectent pas souvent leurs droits.

« Nous venons de la campagne, au nord de la capitale. Au début, nous voulions travailler dans le secteur du textile, mais il s’est avéré que nous n’avions pas assez de qualification pour intégrer ces usines. Nous nous sommes donc retranchés sur les travaux de ménages que nous effectuons pour un sous-traitant d’une entreprise de construction ».

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Travail dangereux

D’après leur témoignage, nous apprenons que le sous-traitant ne leur offre pas de véritable contrat de travail et qu’il se permet de verser leur salaire quand il le désire et donc, de manière très irrégulière. Elles travaillent sur ce chantier depuis un an, mais peuvent se voir renvoyer du jour au lendemain.

Unir ses forces

« Nous avions déjà rappelé plusieurs fois à notre patron ses obligations à notre égard, mais sans succès. Par la suite, nous apprenions l’existence du syndicat BWTUC, centrale du syndicat général CLC (Confédération Cambodgienne du Travail), partenaire de Solidarité Mondiale (WSM) et de la CSC-ACV.

Après plusieurs rencontre avec des militants, nous avons pris la décision de nous y affilier afin de faire valoir nos droits collectivement". Un choix courageux pour ces femmes car, au Cambodge, se joindre à un syndicat peut entraîner des représailles allant jusqu’à leur coûter leur emploi. La liberté syndicale n’est que balbutiante.

Insuffisant pour vivre

Le salaire qu’elles perçoivent est également beaucoup trop bas. Il atteint à peine 180 dollars par mois, et ce alors qu’elles enchaînent les heures supplémentaires. Les journées de 10 heures sont la règle, et non l’exception. « Au bout de 15 jours, nous n’avons déjà plus de quoi vivre », se plaignent ces travailleuses. Idéalement, il leur faudrait au moins le double pour atteindre un salaire décent qui leur permettrait de satisfaire leur besoins de base à savoir se nourrir et se loger. « En plus, nous touchons beaucoup moins que les hommes. Notre patron nous dit que c’est parce qu’on a moins de force ! Maintenant que nous sommes affiliées à la BWTUC, nous espérons gagner aussi ce combat ».

À la fin de l’entretien, les cinq amies s’en retournent chez elles, en périphérie de Phnom Penh. Malgré la fatigue, le pas est énergique, tout comme leur lutte pour plus d’égalité, de justice sociale et une vie décente.

Votre appui

Vous pouvez appuyer la lutte de ces travailleuses.
En faisant un don en ligne (via le site web de notre organisation en Flandre, Wereldsolidariteit) à Solidarité Mondiale avec mention "Cambodge 2017" en objet du virement, vous soutiendrez, dès lors, notre partenaire syndical qui oeuvre pour défendre les conditions de travail décentes et l’égalité des droits entre hommes et femmes.

Merci de votre soutien.

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