2016 : les travailleurs de Wacem se sentent « trahis »

2016 : les travailleurs de Wacem se sentent « trahis »

31 août 2016

Il y a quelques mois, nous vous parlions du grave conflit social à la société WACEM, dans le secteur minier au Togo. Alors qu’elle est en pleine tourmente pour les révélations de Panama Papers sur des soupçons d’évasion fiscale, la société WACEM doit désormais aussi faire face à la colère de ses employés, qui après 7 mois d’impasse autour de l’accord tripartite du 5 janvier 2016, ont lancé un ultimatum à leur employeur et au gouvernement soupçonné de corruption.


Les travailleurs de Wacem et de Fortia ont indiqué être victimes d’un « complot » et de « trahison » de la part des autorités en charge du secteur des Mines au Togo. On parle là-bas du « Wacem gate » : des éléments prouvent que différents ministres reçoivent annuellement des enveloppes financières à hauteur de 10 millions de francs CFA et des tonnes de ciments. De plus, les travailleurs soutiennent que la fermeture de l’usine entre octobre 2015 et janvier 2016 par leur employeur (voir notre précédent article), suivie du licenciement de 700 agents, a reçu l’appui du ministre du Travail, qui a accepté le lock-out de 3 mois, déposé par l’employeur de Wacem, pour « affamer  » les travailleurs grévistes.

Jugeant ce lock-out « illégal », les employés dénoncent le fait que le ministre qui devrait contraindre les responsables de Wacem à se conformer aux normes standards en matière de Code du travail selon l’OIT, les a plutôt épaulés dans leur « désinvolture ».

Pour Kodjovi Sedonou, secrétaire général adjoint du Syndicat démocratique des mines (SYDEMINES), l’accord du 5 janvier dernier, signé entre les délégués du personnel et la direction de WACEM sous l’égide du ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme administrative, se révèle être plutôt un « programme de licenciement massif  ».

« Nous voudrions que le gouvernement et notre employeur se rappellent et donnent satisfaction à nos revendications qui sont entre autres : la régularisation et la régulation durable des contractuels travaillant à WACEM ; l’assurance maladie pour les travailleurs de WACEM ; des mesures de santé et de sécurité au travail, comme des visites médicales ; la mise en place d’un audit indépendant ; la déclaration de tous les travailleurs à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, la jouissance des congés payés, le certificat de conformité environnemental et social, etc. », a-t-il plaidé.

L’assemblée générale a également permis aux travailleurs de Wacem et Fortia de passer en revue les principaux sujets relatifs au Panama Papers. Trois semaines après la publication par les médias togolais du scandale financier lié à l’évasion fiscale de Wacem, les employés de ces deux sociétés s’estiment interpellés et dénoncent le silence du gouvernement.

« Nous avons été trahis par notre gouvernement et par nos employeurs à cause des intérêts qu’ils ont dans ces sociétés. Avec toutes nos revendications restées sans satisfaction, nous estimons que c’est une trahison ».

A la fin de l’assemblée générale, les travailleurs de Wacem et Fortia ont lancé un ultimatum au gouvernement pour satisfaire leurs exigences. Les employés donnent aux responsables de WACEM jusqu’au 5 septembre prochain pour revenir dans la droite ligne de l’application de cet accord tripartite (Employeur-Gouvernement-Employés). Au cas contraire, le SG adjoint de SYDEMINES appelle ses collègues à rester mobilisés pour des actions d’envergure futures pour la satisfaction de leurs revendications et ainsi l’amélioration de leurs conditions de travail.

Notre partenaire, le SADD au Togo, soutient les syndicats de le secteur minier dans leur lutte pour leurs droits, en vue d’améliorer substantiellement les conditions de travail de milliers de togolais. Vous pouvez les soutenir dans leur combat pour le travail décent et la protection sociale ! Faites un don

Vous pouvez suivre l’évolution de la situation sur la page Facebook du SADD.

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