Un rêve qui devient réalité pour les coiffeuses et coiffeurs de Cotonou

Un rêve qui devient réalité pour les coiffeuses et coiffeurs de Cotonou

2 février 2011

Le 15 décembre 2010, sous l’impulsion de Solidarité Mondiale et de la CSC Bâtiment-Industrie&Energie, le MODES a inauguré à Cotonou un centre de formation des coiffeurs et esthéticiens ; un bâtiment construit et équipé en 10 mois seulement !

Le centre est déjà opérationnel avec, dans un premier temps, une équipe de 6 formateurs expérimentés qui ont préparé sa mise en route (conception de programmes, élaboration de manuels de formation théorique et pratique) et dans un deuxième temps 2 formateurs permanents dès 2011, une vingtaine d’apprentis en formation pour trois ans, une salle d’alphabétisation et un bureau de coordination et de gestion des activités du centre…

Le secteur de la coiffure, un pan important de l’économie informelle au Bénin

"C’est un métier qui rapporte beaucoup socialement et financièrement, il nourrit celui qui l’exerce, ce n’est pas un métier de la rue comme certains le considèrent, car beaucoup s’y lancent sans formation." Le nombre de personnes et de familles, clientes et/ou dépendantes de cette profession est très important. Les salons de coiffure sont dans tous les coins de rues au Bénin et se multiplient chaque jour. Les spécialités de services se diversifient sans cesse, comme la tresse, le coiffage de différents styles, la manucure-pédicure et autres services d’esthétique…

Malgré ce foisonnement favorisé par la facilité d’accès au métier, le chômage et la pauvreté, l’environnement du secteur n’est pas si favorable : la saturation dans le secteur, le caractère informel de la profession, l’absence de réglementation, l’enrichissement de l’Etat en ressources fiscales sans contrepartie pour la profession et pour les acteurs, la taxation des revenus laissée à l’appréciation du collecteur d’impôts, l’absence de contrôle de la qualité, de l’hygiène, des produits et du matériel utilisés, l’absence (de standards) de formation et de normes pour exercer ce métier sont autant d’obstacles au développement.

Pour le MODES (Mouvement ouvrier pour le développement économique et social) et les professionnels de la coiffure, personne ne peut rester indifférent face à une telle situation dans un secteur potentiellement porteur ! ‘’Il est important d’avoir une assurance, de bonnes conditions de travail et d’avoir une retraite comme les autres travailleurs !’’souligne un des responsables du MODES.

En première étape, MODES a approfondi sa réflexion avec les groupes de coiffeurs des villes de Cotonou et de Porto Novo et ensemble, ils ont décidé d’organiser l’ensemble des acteurs pour améliorer leur situation.

Ainsi MODES a mis sur pied un programme 2010 – 2011 d’appui et de professionnalisation du secteur, appuyé par WSM et le Fonds paritaire de sécurité d’Existence via la centrale Bâtiment – Industrie&Energie. Trois priorités ont été ciblées :

  • Création d’un centre de formation professionnelle pour offrir des compétences nécessaires à des personnes désireuses d’apprendre la coiffure et l’esthétique. Il vient d’être inauguré au mois de décembre.
  • Amélioration de l’environnement et du contexte juridique de travail des coiffeurs pour promouvoir et rendre le travail décent et rémunérateur.
  • Protection sociale avec un accent particulier sur l’hygiène, santé et sécurité dans les salons, l’accès aux soins de santé et à la sécurité sociale.

Inauguration du centre de formation

L’inauguration du centre de formation pour les coiffeurs a eu lieu à l’occasion d’un atelier des coiffeurs et esthéticiens organisé par le MODES du 15 au 17 décembre 2010. Le MODES a invité à cet atelier les coiffeurs des pays de la sous région, notamment du Ghana, du Togo, du Niger et du Burkina Faso.

Le but de l’atelier était de présenter une étude réalisée par le MODES sur les conditions de travail et de protection sociale des coiffeurs et esthéticiens au Bénin, de présenter la vision de Solidarité Mondiale et de ses partenaires au Sud et au Nord sur la protection sociale, d’examiner les réalités et les expériences dans cette profession dans les autres pays, et enfin, de cerner les actions communes possibles des coiffeurs dans la sous région de l’Afrique de l’Ouest.

A l’issue de l’atelier, fortement apprécié par tous les participants, des axes de travail ont été relevés tout en clarifiant les rôles et responsabilités de chacun : les coiffeurs (ses) eux-mêmes, les associations ou syndicats de coiffeurs, l’Etat (y compris ses structures décentralisées), les structures d’appui (comme MODES et autres...). L’accent a été mis sur les soins de santé des propriétaires de salons de coiffure et des apprentis, la sécurité sociale des acteurs (pension, accident de travail, maladies professionnelles), l’acquisition et le contrôle des produits et matériels utilisés dans le métier, l’image de la profession dans son environnement immédiat et dans le pays (jugée non reluisante), les formations et recyclages professionnels, les normes standards à harmoniser pour l’exercice de ce métier dans chaque pays et dans la sous région, le cadre juridique (convention sectorielle)…

Il est évident qu’en deux ou trois ans, les acteurs n’auront pas fait un bouleversement de ce secteur. Ce qui est certain : un processus irréversible est en marche à grands pas au Bénin en ce qui concerne la prise de conscience des problèmes, la formation professionnelle et l’organisation des acteurs. Ensemble les acteurs de la coiffure et de l’esthétique veulent définitivement tourner le dos à la pauvreté matérielle et financière.

Fabien Habimana

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